Mort à la voiture et donc à l’automobiliste, c’est le mot d’ordre à la mode. L’agressivité et l’activisme des associations anti-voitures atteint des proportions stupéfiantes. Ils sont déjà à l’origine de la prolifération des ralentisseurs de tous types, des chicanes, des limitations à 30 km/h voire moins, des marquages au sol incompréhensibles et des ronds-points labyrinthiques. Maintenant, ils s’attaquent au seul projet local susceptible d’alléger les bouchons autour de Tournefeuille et de tout l’ouest toulousain. Il est temps de faire le point sur ce sujet critique.
Des investissements routiers bloqués depuis 20 ans
Les moins jeunes se souviennent des projets de contournement ouest de l’agglomération toulousaine développés dès 1980. Ils reposaient notamment sur la création d’une voie rapide pour relier la N124 (Toulouse-Auch) à l’autoroute A64. Ceci pour doubler et alléger la rocade ouest déjà saturée. La partie nord (depuis St Martin du Touch jusqu’au croisement avec la route de St Simon) a été ouverte en 2002. Les toulousains la connaissent sous le nom de ‘Rocade Arc en Ciel ». Malheureusement, tout s’est arrêté là. En effet, les travaux ont été interrompus, principalement sous la pression des écologistes. Mais aussi parce que c’était une bonne occasion pour les responsables politiques de limiter les dépenses. Pourtant les réserves foncières étaient assurées et la mise en place d’une voie rapide 2×2 voies entre St Simon et l’A64 ne posait aucun problème technique. Du coup on a construit un gigantesque rond-point (rond point Firmin Pons) et maintenu en aval un « boulevard urbain », intitulé avenue du Général-Eisenhower, où s’enchaînent les feux tricolores et les rétrécissements jusqu’à l’autoroute A64. Tout ceci est source de bouchons permanents, même en dehors des heures de pointe.
Priorité aux pistes cyclables et aux bus
Depuis 2002, les opérations immobilières successives de l’ouest toulousain liées au PLUi-H ont augmenté sans cesse la population de communes comme Tournefeuille, Cugnaux, Villeneuve Tolosane, Plaisance du Touch ou Frouzins pour ne citer qu’elles. En matière de transports, les politiques ont surtout aménagé des pistes cyclables et des voies de bus. La plupart du temps, ces voies ont été dessinées aux dépens des voies de circulation automobile. Il n’y a aucun projet de prolongement du métro sur cette zone où l’on pourrait pourtant facilement envisager un métro aérien. Une nouvelle route a quand même été créée en 2014, parallèle à la route de St Simon : la voie du canal de St Martory (VCSM). Mais elle est strictement réservée aux bus. Elle dessert une zone géographique qui a vu sa population augmenter d’environ 40 000 habitants en 20 ans, dont on peut penser que 70 à 80% utilisent leur voiture pour leurs trajets professionnels ou domestiques…

Ici une vue du canal de St Martory (VCSM) qui est donc réservée aux bus (Lineo 11). Elle est longe La Ramée et aboutit au rond-point final de la rocade arc-en-ciel avant d’aller à Basso Combo. Avec juste un étroit trottoir encombré de poteaux où doivent cohabiter cyclistes et piétons. Il y passe 60 bus par jour, ce qui représente environ 2000 passagers compte tenu du faible remplissage des bus. En comparaison, la route de St Simon (parallèle à cette voie) absorbe quotidiennement 20 000 véhicules, soit environ 25 000 à 30 000 passagers, c’est à dire au minimum 10 fois plus.
Enfin un projet routier pour l’ouest toulousain !
Toulouse Métropole a enfin décidé de s’occuper de la circulation automobile de l’ouest toulousain. Le projet, pour ce qui concerne Tournefeuille et son environnement immédiat, repose sur chantiers :
- La « requalification » de l’avenue du Général-Eisenhower – On peut espérer que ce vocabulaire signifie la vraie prolongation de la rocade Arc en Ciel jusqu’à la A64 sous la forme d’un 2×2 voies telle que décidée il y a 25 ans…
- La réalisation d’un « boulevard urbain du canal St Martory » (BUCSM), c’est à dire d’une voie destinée aux automobiles en parallèle de la voie des bus existantes, accompagnée des pistes cyclables actuellement manquantes.
La suppression du rond point Firmin Pons et son remplacement par un souterrain devrait être la conséquence logique de ce projet qui, finalement, n’a rien de révolutionnaire car largement documenté.
Quand « l’écologie » s’en mêle…
Bien sûr dès qu’il s’agit d’essayer d’améliorer la vie des automobilistes, ceux qui se piquent d’écologie montent au créneau. C’est ainsi que plusieurs associations occupent le paysage médiatique pour critiquer ce projet, bien aidées d’ailleurs par La Dépêche qui leur ouvre largement ses colonnes. Pour le BUCSM, ils nous parlent de 150 espèces protégées… Mais alors la voie des bus, elle n’a rien supprimé du tout ? Il y a déjà un ruban d’asphalte et de goudron de 12 mètres de large et il ne semble pas que cela ait entraîné une catastrophe écologique. La catastrophe, elle est plutôt au niveau de la pollution et des retards engendrés par les bouchons. On ne peut pas se prétendre démocrate et ignorer délibérément 70 à 80 % de la population. Comme d’habitude, l’extrême gauche utilise tous les moyens pour faire parler d’elle. Ces associations ne représentent qu’une infime minorité de la population.
Conclusion
L’acharnement anti-voiture est totalement absurde. L’usage de l’automobile est non seulement un des piliers de la liberté individuelle, mais elle est aussi un outil indispensable pour l’immense majorité d’entre nous. Même si on peut le regretter, elle reste irremplaçable. Et il est absurde de créer des conflits artificiels entre des citoyens qui sont susceptibles d’utiliser chacun alternativement l’un ou l’autre des divers moyens de transport.
La vérité, c’est que les partisans de cette écologie punitive et anti-démocratique sont les idiots utiles du système. Ils encouragent les responsables politiques à rogner sur les investissements nécessaires au profit de dépenses de communication, de clientélisme et de propagande. Malheureusement, grâce à cela, ils sont régulièrement réélus et ils le savent…

