Le constat
L’extinction de l’éclairage public a démarré en 2002 à Tournefeuille sur la plage horaire de 01h00 à 05h30. Cette extinction a concerné dès le départ la plupart des rues de la commune, en respectant quand même les axes principaux. Il ne semble pas que cette disposition ait fait l’objet d’une réelle procédure d’évaluation d’impact, notamment sur le plan de la sécurité. Quoi qu’il en soit, la mairie a décidé en 2022 d’élargir les plages horaires d’extinction de 00h00 à 06h00, puis en 2023 de 23h00 à 06h00.



En l’absence de clair de lune, c’est la nuit noire ! La mairie a invoqué initialement l’écologie pour justifier une telle mesure, pour « préserver la biodiversité et la santé humaine », ce qui relève de l’hypocrisie la plus totale. La vraie raison est évidemment financière, la mairie cherchant désespéramment à combler le déficit chronique de son budget.
Étude d’impact ?
Le SDEHG (Syndicat Départemental d’Énergie de la Haute-Garonne) est le seul organisme qui ait tenté d’évaluer l’impact des mesures d’extinction. C’est un machin administratif payé par nos impôts composé de délégués des diverses communes de la Haute Garonne. Dans un rapport qui date de 2022 (pour une plage d’extinction de minuit à 06h00), il annonce qu’il n’y a eu aucun problème d’insécurité dans les communes concernées. Mais il s’agissait d’un sondage simplement déclaratif avec un taux de réponse de seulement 28% et absence de données issues de la sécurité routière. Autant dire que cette étude n’a aucune valeur. Curieusement, c’est justement en 2022 que Tournefeuille s’est vue décerné le label de « ville la plus cambriolée de France ». C’est juste un hasard évidemment.
A quoi sert l’éclairage public ?

On a inventé l’éclairage public pour une seule chose : améliorer la sécurité des personnes et des biens, en facilitant notamment le travail des policiers et gendarmes. Le nier est ridicule. Mais pendant que Tournefeuille est plongé dans l’obscurité, le gigantesque parking de la SEMVAT situé à quelques centaines de mètres est quant à lui brillamment éclairé toute la nuit ! Et là on ne parle plus d’écologie…
L’obscurité est déjà compliquée à gérer quand on est dans une voiture dont on peut espérer qu’elle dispose de phares efficaces. Mais que dire des 2 roues et notamment des vélos ? Ils ne voient rien et en plus sont souvent invisibles…
L’exemple de la rocade ouest
Au chapitre de l’éclairage public, il faut rappeler l’extinction depuis plusieurs années d’une bonne partie du périphérique toulousain. Lorsqu’on interroge Google sur ce sujet, la réponse assez ahurissante : « Les lampadaires de la rocade ouest restent désespérément éteints depuis plusieurs années sans qu’aucune explication officielle ne soit apportée. » Renseignements pris, il apparaît que c’est l’état qui gère cette portion entre la Cépière et l’intersection avec le périphérique sud. Contrairement à la portion Est (entre A61 et A62) qui est gérée par Vinci Autoroutes et qui, elle, est constamment éclairée. En 2022, une femme qui était tombée sur la chaussée au niveau de la Cépière à 01h20 (en pleine obscurité) est décédée après avoir été percutée par 3 voitures qui ne l’avaient pas vue. Pas de problème de sécurité ???
Conclusion
La fermeture nocturne de l’éclairage public a évidemment un intérêt financier. Le prétexte « écologique » est uniquement cosmétique. Mais personne ne s’est réellement inquiété de l’impact en matière de sécurité. Les lampadaires existent, qu’ils servent à quelque chose !

