Le budget d’une municipalité comme celle de Tournefeuille est évidemment conséquent. Il se chiffre en dizaines de millions d’euros. Mais s’y reconnaître relève de l’utopie tant les informations délivrées par la Mairie sont fragmentaires, mal catégorisées, mono- ou pluriannuelles, et même parfois contradictoires. Bien sûr on aimerait disposer d’un compte annuel de résultat précis poste par poste tel qu’il est obligatoire d’en fournir dans n’importe quelle entreprise ou association. Car l’argent dépensé, c’est notre argent ! Mais c’est manifestement trop demander. Du coup on est contraint à une analyse globale et à quelques commentaires ciblés
Données globales
D’après le très officiel site journaldunet.com, les dépenses de fonctionnement étaient en 2022 de 35 M€ (dont 18 M€ de charges de personnel) pour seulement 8 M€ d’investissements. Assez conforme à la moyenne. Mais l’évolution de la dette est très préoccupante comme cela figure sur ce graphique :

Concernant les investissements, on nous annonce dans le TNFMAG de l’été 2025 une enveloppe de 44,5 M€ sur la période 2020-2025, soit 7,4 M€ par an. Cela correspond effectivement à ce que trouve le ministère de l’Economie pour Tournefeuille :

Le constat est sans appel : les dépenses d’investissement stagnent depuis 2020 alors que dans le même temps le montant de la dette explose ! Pourtant, il est certain que les rentrées fiscales ont considérablement augmentées avec toutes les constructions réalisées depuis 6 ans. On se demande où passe l’argent.
Les subventions
Dans le dernier numéro de TNFMAG, le nouveau maire Frédéric Parre se vante d’avoir maintenu le niveau de subventions aux associations (1,1 M€) contrairement à ce qui se fait à peu près partout compte tenu des contraintes budgétaires. Mais seulement 480 000 € aux associations sportives alors que Tournefeuille comptabilise 10 000 licenciés, petits et grands ! Donc un saupoudrage vers des petites associations qui s’apparente au clientélisme. Il est évident qu’il faudrait réserver les subventions aux associations ayant un réel intérêt direct pour la population de Tournefeuille.
Au chapitre des subventions, il faut mentionner les sommes affectées à la « culture » : 4,9 M€. C’est un chapitre hétérogène soi-disant vertueux dans lequel on trouve des vraies dépenses en faveur de la culture française, mais plus encore en faveur des cultures exotiques lointaines. Et pas mal de subventions à des activités purement festives. Le budget alloué aux maisons de quartier n’est pas isolé du reste mais est évidemment conséquent. La rénovation de la médiathèque coûtera à elle seule 1,32 M€. Un audit est évidemment nécessaire pour savoir si ces dépenses sont réellement justifiées.
Les investissements « écologiques »
Sur la période 2020_2026, la mairie déclare avoir dépensé 7,5 M€ pour une ville « plus durable ». C’est la tarte à la crème destinée à recueillir les suffrages des militants « écologistes ». On retient notamment :
- 1,5 M€ pour des « ilots de fraicheur » dans les écoles : essentiellement de la désartificialisation des sols, sans plus de détail. Cher payé pour quelques arbres et quelques travaux d’isolation thermique sans la moindre climatisation
- 3,6 M€ annoncés dans le TNFMAG de l’été pour « préserver la nature en ville », avec création de « maraîchage ». Qu’on commence par supprimer le projet Ferro-Lebrès« , ça sera plus efficace et moins coûteux !
- 850 000 € pour le projet ombrières sur les parkings – Absurde tant sur la forme que sur le fond, comme on peut le constater dans notre analyse
Conclusion
Sans surprise concernant une municipalité gérée par la gauche, les données budgétaires sont désastreuses, et ceci malgré la manne financière procurée par les opérations immobilières successives. Le poids des dépenses de personnel est à préciser, mais probablement excessif. On est en attente d’investissements qui soient réellement de nature à faciliter la vie quotidienne des tournefeuillais au-delà des mesures démagogiques ou clientélistes.
Il faut que chaque candidat à la mairie s’engage à établir un budget annuel à l’équilibre tout en résorbant progressivement la dette. Un compte de résultat précis comportant notamment les charges de personnel doit être publié à la fin de chaque exercice.

