Des statistiques inquiétantes
Selon les statistiques du ministère de l’intérieur pour 2022, on a recensé à Tournefeuille plus de 105 cambriolages pour 10 000 habitants, ce qui en a fait la ville la plus cambriolée de France. Certains pensent que cela est la conséquence du caractère plutôt aisé de la population, ce qui reste à prouver. Mais Tournefeuille est loin d’être la seule dans ce cas et même les quartiers les plus riches de Toulouse sont moins cambriolés. Alors pourquoi ?
En cherchant un peu, il y a pas mal de réponses à cette question.
Des effectifs policiers insuffisants
Il ne fait aucun doute que les effectifs de la police nationale et de la gendarmerie sont aujourd’hui insuffisants pour qu’ils puissent s’occuper de la « petite » délinquance. Ils ont trop à faire à essayer d’endiguer les crimes et assassinats en tous genres en augmentation constante. Ce constat, la plupart des municipalités l’ont fait. Pour cela, elles ont commencé à recruter des policiers municipaux au début des années 2000, et plus précisément à la suite de la loi du relative aux polices municipales.
A Tournefeuille, la mairie ne communique pas précisément sur le nombre actuel exact de policiers municipaux. Elle annonce 11 policiers « armés » d’ici 2026. Ce qui fera un policier pour 2800 habitants. A titre de comparaison, on compte un policier pour 600 habitants à Blagnac et un pour 1200 habitants à Toulouse. Compte tenu de la surface du territoire à surveiller, il faudrait 4 fois plus de policiers pour être dans la norme.
Une présence sur le terrain en pointillés
A Tournefeuille, on peut parler d’une police municipale intermittente. Située 8 boulevard Eugène Montel, elle est ouverte du lundi au vendredi de 8h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Soit seulement 45 heures sur les 168 heures que compte une semaine. Fermée la nuit, les samedi et dimanche et jours fériés. D’après la mairie, des patrouilles seraient organisées de 07h00 à 21h00. Avec combien de voitures ? Il reste bien sûr la possibilité d’appeler le 17 (police nationale).
l’extinction nocturne de l’éclairage public
L’extinction de l’éclairage public avait déjà été testée à Tournefeuille sur la plage horaire de 01h00 à 05h30. On ignore les conclusions qui ont pu être portées de cette expérimentation. Quoi qu’il en soit, la mairie a décidé en 2022 d’élargir les plages horaires d’extinction de 00h00 à 06h00, puis de 23h00 à 06h00 un an plus tard. Ce sujet fait l’objet d’un article spécifique ici
Le mirage de la vidéosurveillance
On peut déjà constater qu’il y a assez peu de caméras de vidéosurveillance installées à Tournefeuille, à peine plus de 60. Elles surveillent surtout les établissements et places publiques. Mais le problème est aussi de savoir comment elles sont utilisées. A Toulouse, il y a une cellule de surveillance fonctionnant sur de larges plages horaires, permettant une réaction immédiate en cas de délit visualisé. Ce n’est évidemment pas le cas à Tournefeuille. Pouvoir visualiser en temps différé un individu masqué et cagoulé impossible à identifier n’a aucun intérêt. Et quand bien même il serait appréhendé, que va en faire la justice ? Sans compter que dans la nuit noire, la video ne sert à rien.
La faillite du service public
Face à cette pandémie de cambriolages, le maire a fait rédiger dans l’urgence un « guide de la tranquillité publique » consultable sur internet. On y trouve un grand nombre de lieux communs, du style « utilisez des alarmes » , fermez bien vos fenêtres » ou « vérifier vos serrures ». On y fait surtout appel à la mobilisation de la population censée s’autoprotéger par la création d’un corps de « citoyens référents ». Tout un programme, basé évidemment sur le bénévolat… Avec au passage création d’une commission supplémentaire, le CLSPD !
Conclusion
La vérité, c’est que les habitants de Tournefeuille s’équipent de plus en plus en dispositifs d’alarme privés particulièrement coûteux. Et que c’est évidemment la principale raison de la diminution relative des cambriolages. Les sociétés privées de télésurveillance dont on subit le matraquage publicitaire permanent sont finalement les grands gagnants de la faillite des services publics.
Il faut tripler les effectifs de la police municipale et rétablir l’éclairage nocturne

